Porté par l’énergie de Julien Le Corre, fondateur de l’agence Janine, c’est élan national pour une journée de fête et de convivialité. Bien Sûr, Mocktail Magazine est partenaire de cette première édition et bien sûr, on a préparé quelques questions !
MM. Tout d’abord, Julien qui es-tu et peux-tu nous présenter Janine ?
JLC. J’ai une longue expérience publicitaire pour des causes sociétales et environnementales. J’ai créé Janine en 2024 avec l’intention d’inventer un nouveau modèle de sensibilisation, basé sur des rendez-vous collectifs massifs, multi-lieux et multi-partenaires. Nous avons tout d’abord créé le Bring Your Mug Day, avec Réseau Vrac et Réemploi : 346 coffee-shops qui offrent le café aux clients munis d’une tasse réemployable. Face au succès de cette opération, nous avons décidé d’élargir le champ à d’autres sujets – comme le sans alcool.
MM. DRY31 : comment est née l’idée de créer un événement collectif à cette échelle, quel besoin cherchais-tu à combler ?
JLC. Je n’ai jamais été un gros buveur et j’ai toujours souffert de la pression sociale omniprésente et insupportable autour de la consommation d’alcool. « T’es pas drôle », « Tu sais pas t’amuser » etc. 90% des verres d’alcool que j’ai bus dans ma vie l’ont été par convenance sociale, ou parce qu’il n’y avait pas d’autre alternative qu’un soda ou une eau pétillante. J’ai créé cet événement pour offrir aux alternatives sans alcool une fenêtre de médiatisation, et pour bousculer les comportements en montrant que la convivialité n’est pas indissociable de la consommation d’alcool.
MM.Le 31 janvier marque la fin du Dry January pour beaucoup : quelle est la symbolique de cet événement du 31 ?
JLC. Nous nous inscrivons évidemment dans le contexte du Dry January, mais de façon beaucoup plus légère et festive. L’idée n’est pas de promouvoir une abstinence un peu subie, mais au contraire de montrer que l’on peut s’amuser et sortir – même sans alcool. Pour beaucoup, le Dry January correspond à une période de pause entre deux excès. Le DRY31 sert justement à montrer qu’on peut reprendre une activité normale festive et joyeuse, sans retomber dans l’automatisme de l’alcool.
MM.Quels types d’acteurs et de territoires participent, et qu’est-ce que cette diversité dit de l’évolution du sans-alcool en France ?
JLC. Nous rassemblons près de 50 lieux dans toute la France, dans 25 villes : des clubs, des bars, des restaurants, des coffee-shops, des caves sans alcool, des salons de tatouage, des boulangeries… avec le soutien d’une trentaine de marques dont Pago et Macif. C’est important de pouvoir fédérer des acteurs aussi diversifiés, et de montrer que la convivialité et la fête ne sont pas limités aux lieux « licence IV ». Bien sûr c’est essentiel d’avoir des lieux de fête classiques, comme le Cabaret Aléatoire (Marseille) ou le Social Bar (Paris), pour faire l’expérience d’une soirée clubbing sobre. Notre vision, c’est de rendre festif des lieux sans alcool, et de rendre sans alcool des lieux festifs – l’espace d’une soirée.
MM. Selon toi, qu’est-ce qui freine encore aujourd’hui l’adoption du sans-alcool dans les lieux publics, et comment un événement comme DRY31 peut faire bouger les lignes ?
JLC. C’est un mélange de tradition socio-culturelle et de contrainte économique. Les lieux festifs sont pris dans une équation économique compliquée, leur business model repose sur la vente d’alcool. De l’autre côté, la majorité des personnes qui vont dans ces lieux y va pour consommer de l’alcool. Enfin, les lieux sont coincés dans des contrats avec de grands brasseurs et alcooliers qui freinent la diversification de leur offre, et notamment l’ouverture à des alternatives plus attractives qu’un soda ou une bière sans alcool basique.
Si les participants ne devaient repartir qu’avec une seule chose à la fin de DRY31 une idée, un déclic, une émotion, laquelle aimerais-tu que ce soit ?
JLC.J’aimerais que les participants expérimentent une convivialité sans contrainte, dans laquelle pour une fois l’absence d’alcool n’est pas un choix par défaut pour lequel il faut s’excuser. J’aimerais que les gens prennent confiance en leur capacité à refuser la consommation systématique d’alcool, même dans les lieux festifs traditionnels. Ca c’est cela qui, démultiplié par des millions des personnes, finira par faire vraiment bouger les lignes.




